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Métier d'Art Horloger
TIMBRE 2025
& Nicolas DUbreil-Lelong

L'envolée lyrique

#COLLABORATION - 2022

Constance Du Bellay & Nicolas Dubreil-Lelong

Des Timbres encore gravés à la main

Je dois l’avouer : je connais encore trop peu l’univers de l’estampe et de ses artistes. Pourtant, en tant que graveur et dessinateur, cet univers m’a toujours attiré. Je m’y suis essayé à de nombreuses reprises, notamment lors d’un concours organisé par le Musée de l’Imprimerie de Nantes — que je vous encourage vivement à visiter.

Fin 2024, j’ai eu l’honneur d’être contacté par La Poste et son service des timbres pour dessiner et graver la matrice destinée à la production d’un timbre. Quel honneur ! J’avais déjà réalisé quelques essais quatre ou cinq ans auparavant, mais cela n’avait pas donné de suite. Quelle surprise qu’ils pensent à moi de nouveau.

Et le thème proposé ne pouvait mieux tomber : un sujet qui me touche particulièrement et qui fait profondément écho à mon parcours de graveur — le Timbre Métier d’art Horloger 2025.

 

Je ne vais pas entrer dans le détail des procédés actuels de fabrication des timbres. Aujourd’hui, dans la majorité des cas, le dessin est conçu numériquement puis imprimé sur un papier spécifique.

Autrefois, en revanche, chaque timbre était d’abord dessiné, puis entièrement gravé à la main sur une matrice en acier permettant l’impression en petites séries. Grâce à des passionnés — notamment l’Art du Timbre Gravé — cette tradition perdure encore pour certaines émissions, et c’est le cas de celui-ci.

Le principe est relativement simple : on réalise d’abord le dessin, puis on le reporte à l’échelle 1 et en inversé, à l’aide d’une encre spéciale, sur une plaque d’acier. Cette plaque est ensuite entièrement gravée à la main.

Une fois la matrice achevée, elle est scannée en 3D afin de restituer fidèlement le travail du graveur — notamment les profondeurs et les épaisseurs de trait — sur des cylindres grâce à des machines de gravure spécialisées.

Ce procédé permet une impression en grande quantité tout en respectant scrupuleusement la finesse et le relief de la gravure originale. Ainsi, une fois le timbre entre les mains, on peut en apprécier à la fois la précision à l’œil et la richesse au toucher.

Pour ce projet, j’ai bénéficié d’une grande liberté dans mes propositions, que vous pouvez découvrir ici.

Une fois le visuel retenu, j’ai affiné mon travail en demandant à mon ami Léo Thoury, horloger de métier à Treillières, de poser pour moi.

À partir de cette photographie, j’ai composé mon dessin en y intégrant différents objets et détails afin d’évoquer le plus pleinement possible l’univers de l’horlogerie et la richesse de ce savoir-faire.

Une fois le visuel retenu, j’ai affiné mon travail en demandant à mon ami Léo Thoury, horloger de métier à Treillières, de poser pour moi.

À partir de cette photographie, j’ai composé mon dessin en y intégrant différents objets et détails afin d’évoquer le plus pleinement possible l’univers de l’horlogerie et la richesse de ce savoir-faire.

 

Ensuite, nous avons travailler sur la mise en couleur. 

Vient ensuite l’étape de la gravure une fois les deux plaques reçues, l’une pour le noir et l’autres pour les couleurs.

Un moment à la fois passionnant et impressionnant pour moi, car l’exercice restait finalement assez nouveau. Pris par la concentration — et sans doute un peu par le stress — je n’ai pas pensé à photographier les différentes étapes du travail. Je n’ai réalisé des images qu’une fois la gravure achevée.

Pour information ce timbre est disponible actuellement (698 400 exemplaires) à la Poste jusqu’à l’édition du prochain timbre « métier d’art ».