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Héraldique – Les éléments du blason

Dans mon métier de graveur héraldique, je suis amené à solliciter l’expertise de spécialistes de la science du blasonnement, les héraldistes.

Création d’un blason, vérification d’armoiries dont les symboles se sont peu à peu perdus avec le temps, au gré de l’histoire de la famille… leur savoir en la matière est rarement pris en défaut et ces généalogistes de l’héraldique me sont bien souvent d’un concours précieux ! Cela est très rassurant car qui a envie de graver des armoiries erronées dans une chevalière en or ?

Si je n’ai pas atteint leur niveau d’expertise, j’avais envie de partager ici avec vous quelques principes de l’héraldique afin de vous aider à y voir plus clair dans cette science très codifiée. Si vous souhaitez en découvrir davantage, je vous invite à consulter le site très complet de Xavier d’Andeville avec qui je travaille régulièrement.

1 – L’héraldique : une science codifiée

Le terme « héraldique » vient du mot héraut, l’officier qui, au Moyen-Âge, était en charge des messages importants pour les seigneurs ainsi que des annonces solennelles, comme la présentation des chevaliers entrant en lice lors des tournois.

De par leur fonction, ces hérauts d’armes vont au fil du temps acquérir un savoir pointu des armoiries (ou armes) et de l’histoire des familles auxquelles elles sont rattachées. Ainsi va naître l’héraldique, la science du blason.

Apparue vraisemblablement au XIIsiècle, l’héraldique n’est, contrairement aux idées reçues, pas réservée à la noblesse. Ainsi, des villes, des corporations, des communautés et même des roturiers pouvaient faire créer et porter leurs propres armoiries.

 

L’art héraldique a la particularité d’être codifié et donc d’obéir à des règles strictes. Tout commence par le blasonnement.

 

Blasonnement : Phrase qui décrit le blason, c’est l’élément le plus important en matière d’héraldisme, plus important même que le dessin. Le dessin n’est qu’une représentation artistique du blasonnement. Chaque artiste ou graveur est ainsi libre de dessiner le blason avec son propre style mais il est tenu de suivre les codes précis du blasonnement et de l’héraldique en général.

⇒ Exemples de blasonnement et de représentations artistiques :

« D’azur semé de billettes d’or, au lion couronné d’or, armé et lampassé de gueules »

Blason des Comtes de Bourgogne, aujourd’hui également blason de la Franche-Comté

2 – Ornements extérieurs de l’écu

Tous les éléments autour de l’écu apportent des informations supplémentaires sur le titulaire des armes mais sont moins codifiés que celui-ci et laissés à plus de liberté. S’ils sont importants, il est essentiel de bien les décrire pour l’artisan amené à les traduire en image.

⇒ Exemple

3 – Emplacement

En héraldique, l’écu est le support sur lequel sont figurées les armes, il représente un bouclier de chevalier. L’écu est l’élément principal, et le seul élément indispensable des armoiries. 

La face armoriée est tournée vers l’extérieur et les éléments qui la composent se lisent selon le point de vue du porteur du bouclier. Les notions de « droite » et de « gauche » sont donc inversées par rapport à quelqu’un qui regarde l’écu de face.

En héraldique, on utilise les termes « dextre » pour désigner le côté droit du blason et « senestre » pour le côté gauche.

Dessin représentant un chevalier portant un bouclier

Pour exemple, si l’on représente le drapeau actuel français sur un écu : le bleu est à gauche et le rouge à droite pour le lecteur. Cependant, pour le porteur du bouclier, c’est l’inverse. On dira donc que bleu est à dextre et le rouge à senestre.

Les couleurs et leur nom seront évoqués plus loin.

 

Le haut de l’écu prend le nom de « chef », le centre en est le « cœur », parfois nommé « abîme », et la base est la « pointe ».

Dessin indiquant les emplacements d'un blason

4 – Forme

Il existe de nombreuses formes d’écus qui varient selon leur époque, leur fonction, leur pays. En voici quelques unes :

5 – Métaux, couleurs et fourrures

En héraldique, on distingue deux catégories de couleurs : les métaux et les émaux. Chaque teinte est un aplat et peut être symbolisée par un motif de points et/ou de lignes parfaitement codifié et précis. Les couleurs en héraldique portent des noms spécifiques.

Il existe également les fourrures qui sont des émaux composés selon un motif précis.

Illustration des fourrures en héraldique

6 – Partitions

En héraldique, la division régulière en plusieurs zones géométriques d’un écu s’appelle une partition. Cela correspond souvent à l’alliance de deux ou plusieurs parties.

⇒ Exemples de partitions

7 – Pièces & Meubles

Les éléments géométriques élémentaires qui garnissent et organisent le champs de l’écu se nomment « pièces ».

Enfin, tout ce qui n’est pas une pièce est appelé « meuble ». Ces meubles ne sont pas destinés à être représentatifs, mais symboliques : il sont donc stylisés et leur représentation est généralement conventionnelle. Un lion par exemple, s’il est allongé et la tête de face, devient alors « léopard ».

⇒ Exemples de pièces

⇒ Exemples de meubles

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